Les aiguilles de couture

Les Aiguilles de couture

 

Dix-huit mille ans d’histoire de la couture

Les verbes « coudre » et « broder » sont entrés dans le dictionnaire dès le Xème siècle, mais ils représentent des activités plus que millénaires. Les aiguilles de couture les plus anciennes retrouvées lors de fouilles remontent au Paléolithique. Elles étaient fabriquées à partir d’os longs de mammifères ou d’arrêtes de poissons et possédaient déjà une perforation à une extrémité, qui deviendra plus tard le chas. Ces outils perçaient l’épaisseur d’une peau animale et entraînaient avec eux un fil préalablement fixé, fonction qui est toujours la même de nos jours dans tous les travaux de mercerie !

 

Les anciennes civilisations

Romains et grecs s’adonnaient à la broderie et aux travaux de couture. Les Parthes, eux, utilisaient l’aiguille comme une plume et écrivaient en brodant. L’aiguille était aussi un instrument prisé dans les civilisations chinoise et hindoue. Georgiennes et turques brodaient sur des gazes, des crêpes et des étoffes très légères.

 

Coudre et filer au Moyen-âge. L’essor de la mercerie.

Aiguilliers et aiguillières sont reconnus comme une corporation d’artisans. On en dénombre 26 à Paris en 1300. L’époque est aux aiguilles en laiton ou en bronze, qui permettent des travaux sur des tissus plus fins comparé aux aiguilles en os. Les articles de mercerie, qui étaient aux premiers temps l’apanage des colporteurs, se vendent dans des boutiques spécialisées : tissus, soies, rubanerie, passementerie et, bien sûr, aiguilles, dés à coudre et ciseaux. La couture touche toutes les classes de la société. Ainsi, Charlemagne disait de ses filles qu’elles devaient savoir filer et coudre « pour les garantir du danger de l’oisiveté » ! De même, lors de son procès, Jeanne d’Arc répondit à ses juges « ma mère m’a appris à coudre et je ne crois point qu’il y ait une personne à Rouen qui m’en pût enseigner aucune chose ».

 

Apparition des aiguilles de couture métalliques, de la Renaissance à la révolution industrielle.

Il est difficile d’identifier la période exacte de l’apparition des premières aiguilles métalliques. Certaines furent retrouvées dans des tombeaux égyptiens datant de deux mille ans avant JC. Toutefois, les aiguilles en acier poli auraient pris naissance à Nuremberg, en Allemagne, au XIVème siècle.

Durant cette longue période, la couture reste une activité socialement fondamentale, tout comme l’atteste Molière dans « L’école des femmes » :

« Et c’est assez pour moi, de vous en bien parler,

De savoir prier Dieu, m’aimer, coudre et filer »

(Arnolphe s’adressant à Agnès)

Même Catherine de Médicis s’adonnait à la broderie et « passait son temps à besogner des ouvrages de soie ».

La fabrication des aiguilles prend un premier essor en Angleterre, d’abord artisanal, puis industriel à la moitié du XVIIIème siècle, en particulier dans la ville de Redditch, dans les Midlands de l’Ouest. Alors qu’il fallait jusqu’à 120 ouvriers pour fabriquer une simple aiguille, ce nombre chute et les soixante opérations qui composent sa fabrication se font alors par des machines. Pour lutter contre la concurrence anglaise et allemande, la fabrication des aiguilles fut installée en France, principalement à Laigle, dans l’Orne. Les prix de fabrication baissent à trois francs les mille aiguilles et il s’en produit des centaines de million par an.

(extrait de : Histoires sérieuses sur une pointe d’aiguille, P.W. Cocheris, librairie Delagrave, Paris, 1887)

 

Les aiguilles de couture actuelles.

Aujourd’hui, l’aiguille est fabriquée en acier. Pour qu’elle soit considérée comme excellente, il faut que :

  • Le fil d’acier soit convenablement trempé
  • Le cylindre soit rectiligne
  • Le chas soit parfaitement rond
  • La pointe soit progressivement conique et le poli parfait
  • L’entrée et la sortie de l’aiguille dans les tissus se fasse sans difficulté

L’aiguille prend différentes configurations selon le travail à effectuer : aiguille à coudre, de modiste, à tapisserie, à chenille, à repriser, à perler ou à double chas, pour ne citer que les principales.

En conclusion, l’aiguille à chas est l’indispensable élément de mercerie de toutes les couturières, de la préhistoire à nos jours !

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